Le Coeur de Ville

Notre Cœur de Ville est en souffrance.

Certes, cela ne se voit pas au premier abord. Il a toujours le sourire et les bras grands ouverts pour accueillir le vençois ou le visiteur, dans ses rues et sur ses terrasses de cafés. Mais un mal le ronge intérieurement. Et quand le Cœur va mal, c’est toute la Ville qui est malade.

Soyons clair, je ne parle pas seulement de la cité historique. Pour moi, le Cœur de Ville s’étend d’Antony Mars à Chagall.

Mais quels sont les symptômes docteur ?

Des commerces en difficulté avec des locaux vacants (La Ligurienne devenu Orange est toujours fermée), la raréfaction ou la disparition de certains types de commerces (il est plus facile de se faire couper les cheveux que d’acheter des chaussures de tennis), le déplacement de commerces en zones périurbaines ou dans les quartiers (Carrefour Contact, boulangeries route de Cagnes ou au Taude), la création de Centres Commerciaux proches (Polygone Riviera) ;

Un stationnement compliqué (de plus en plus) pour une commune étendue comme Vence, dont certains quartiers ne sont raisonnablement accessibles qu’avec un véhicule, et dont le nombre total de places disponibles est insuffisant tant il ne prend pas en compte ni la multiplication de voitures par foyer, ni le déficit de stationnement imposé dans les nouvelles constructions ;

Un problème de circulation à certaines heures de la journée qui incite à l’évitement du Cœur de Ville notamment par tous les travailleurs pendulaires qui habitent dans les quartiers et qui pratiquent uniquement le maison-boulot-maison ;

Un manque de transports en commun internes à la ville reliant les quartiers au centre-ville ou les parkings relais au centre-ville (ah oui, quels parkings relais ?) ;

Un retrait de certains Services Publics comme la Poste qui a disparu de la Cité historique, mais aussi la récente réaffectation de la Maison de la Vie Vençoise (ex maison des association, ex villa Berthe) ;

Une certaine paupérisation avec un départ des gens aisés vers les quartiers et une politique conjointe de la ville et de la SEM de Vence pendant plus de 10 ans ciblant la transformation d’un grand nombre de logements du cœur de ville en logements sociaux.

Il faut bien comprendre que tous ces points sont intimement liés. Proposer isolément un nouveau plan de stationnement (par exemple) n’a pas de sens si on ne le relie pas à la circulation, aux parkings relais et transports en commun pour venir en Cœur de Ville faire ses courses ou pour y utiliser les divers Services Publics à disposition, ou tout simplement pour y loger avec un tarif de stationnement adapté.

Aujourd’hui, une stratégie globale, adaptée à la situation de la ville, doit être mise en œuvre sans tarder, avec méthode.

Cette stratégie passe d’abord par une prise de conscience de toutes les parties prenantes et une solidarité à instaurer pour pousser tous dans le même sens. A ce stade, il y a déjà 2 difficultés à surmonter. La première est de réunir dans un même élan tous les commerçants de Vence. La seconde est que certains des sujets à traiter sont sous compétence métropolitaine et qu’il faut un maire de Vence qui se fasse entendre au sein de cette intercommunalité.

Il faut ensuite se poser les bonnes questions, en concertation avec les vençois, notamment sur leurs attentes concernant le Cœur de Ville, et établir un plan d’actions sous le pilotage des élus responsables de la ville et de la Métropole. Ce plan devra contenir à minima les 6 thèmes vu précédemment, plus celui de la préemption des locaux commerciaux vacants qui pourrait être une prérogative de la SEM de Vence. Mais aussi les aménagements urbains, événementiel…

Aussi attachant soit-il, notre Cœur de Ville, aujourd’hui malade, ne peut plus être un simple lieu à fréquenter mais doit devenir une vraie atmosphère à ressentir… typiquement vençoise.

Métropole

Sortir de la Métropole

LE FAUX DEBAT D’UNE SORTIE DE LA METROPOLE

J’entends déjà, ici ou là, quelques potentiels candidats en herbe, peu sérieux, vendeurs de solutions imaginaires, relancer le débat d’une sortie de Vence de la Métropole Nice Côte d’Azur. Autant que vous le sachiez tout de suite les amis,

CELA N’EST PAS POSSIBLE !

Pourtant, d’une façon générale, la Loi (art. L.5211-19 du CGCT) prévoit la sortie d’une commune d’un EPCI (Etablissement Public de Coopération Intercommunale). La procédure est la suivante :

1. Délibération de la commune pour quitter l’EPCI

2. Vote favorable de l’EPCI sur le retrait de la commune

3. Vote des Conseils Municipaux de toutes les communes composant l’EPCI (il faut obtenir la majorité qualifiée)

Qu’est-ce que la majorité qualifiée ? Il faut un vote favorable :

* soit des deux tiers au moins des communes représentant plus de la moitié de la population de l’EPCI ;

* soit de la moitié au moins des communes représentant plus des deux tiers de la population de l’EPCI.

4. Vote favorable de la commune dont la population est la plus nombreuse, dans le cas où celle-ci représente plus du quart de la population de l’EPCI

5. Accord du Préfet, en collaboration avec la CDCI (Commission Départementale de Coopération Intercommunale)

En cas de sortie de la commune, un bilan financier est réalisé. La commune reprend les biens financés par l’EPCI pour son compte à leur valeur nette comptable, ainsi que toutes les dettes contractées par l’EPCI pour la commune.

Vous imaginez un peu les freins…
Ou plutôt, n’imaginez rien du tout.

Car ce même article de Loi précise « Une commune peut se retirer d’un l’Etablissement Public de Coopération Intercommunale, sauf s’il s’agit d’une Communauté Urbaine ou d’une Métropole ».

Ce qui clôt tout débat !

Sans évolution de la Loi, imposant notamment de revoir les Schémas Départementaux de Coopération Intercommunale, aucune commune de la Métropole ne pourra en sortir.

C’est pourquoi, à ce jour, il faut utiliser la Métropole Nice Côte d’Azur comme l’outil qu’elle doit être. Un outil au service des communes, au service de Vence.

Malheureusement, le constat quotidien est unanime : sur nombre de points, la qualité des services publics opérés par la Métropole sur Vence n’est pas au rendez-vous. Les investissements non plus, se concentrant essentiellement sur le littoral et l’arrière-pays. La dette de la Métropole devient vertigineuse, engraissée chaque année par le tramway niçois.

C’est au Maire de Vence qu’il appartient de faire changer cet état de fait.

Pour cela, il ne doit, ni être soumis, ni être en guerre ouverte avec le Président de la Métropole. Dans les 2 cas, Vence sera perdant.

Ne basculer d’aucun coté veut dire marcher en équilibre sur le fil tendu entre Vence et Nice, voire entre le pays vençois et Nice. C’est être ferme sur certains sujets. C’est négocier sur d’autres. C’est instaurer du donnant / donnant. C’est chercher une collaboration constructive, tantôt rugueuse, tantôt amiable. Mais toujours au bénéfice des vençois.

Vence est la 4ème ville de la Métropole (sur 49). Le Maire de Vence a le pouvoir et le devoir de faire entendre ses exigences de fonctionnement. La passivité est la parole des lâches. Pour autant, le courage n’est pas de crier dans le désert une fois que tout est décidé.

L’action utile doit se mener en amont des décisions. C’est à ce moment-là qu’il faut donner toute sa valeur à la voix de Vence, en gardant à l’esprit un levier fondamental : la Métropole a besoin de Vence et des communes du Pays Vençois pour fonctionner.